L'entretien du Cardinal


Entretien du 7 avril 2012

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Ecouter un enseignement sur la foi catholique

Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 19:28

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VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE BENOÎT XVI AU ROYAUME UNI  Discours du Saint Père aux professeurs et aux religieux de l'enseignement catholique à la chapelle du St Mary's Université College de Twikenham, le 17 septembre 2010.

 

[…] Je me réjouis de l’opportunité qui m’est donnée de rendre hommage à l’exceptionnelle contribution apportée par les religieux et les religieuses dans ce pays à la noble tâche de l’éducation […].

 

Comme vous le savez, le travail d’un professeur ne consiste pas seulement à transmettre des informations ou à enseigner des compétences pour procurer un profit économique à la société ; l’éducation n’est pas et ne doit jamais être considérée selon une optique purement utilitaire. Il s’agit de former la personne humaine, en lui donnant le bagage nécessaire pour vivre pleinement sa vie – en bref, il s’agit de transmettre la Sagesse. Et la vraie sagesse est inséparable de la connaissance du Créateur, car « nous sommes en effet dans sa main, et nous et nos paroles, et toute intelligence et tout savoir pratique » (Sg 7, 16).

 

Cette dimension transcendante des études et de l’enseignement a été clairement saisie par les moines qui contribuèrent beaucoup à l’évangélisation de ces îles. Je pense aux bénédictins qui ont accompagné Saint Augustin dans sa mission en Angleterre, aux disciples de Saint Colomba qui ont diffusé la foi en Ecosse et dans le nord de l’Angleterre, à Saint David et ses compagnons au Pays de Galles. Puisque la recherche de Dieu, qui est au cœur de la vocation monastique, requiert un engagement actif selon les moyens par lesquels il se fait connaître lui-même : sa Création et sa Parole révélée, il était tout naturel que le monastère ait une bibliothèque et une école (cf. Discours au monde de la culture, Collège des Bernardins, Paris, 12 septembre 2008). En se consacrant à l’étude comme chemin pour rencontrer le Verbe incarné de Dieu, les moines ont contribué à poser les fondements de notre culture et de notre civilisation occidentale.

 

Regardant aujourd’hui autour de moi, je vois un grand nombre de congrégations apostoliques qui ont un charisme pour l’éducation des jeunes. C’est l’occasion pour moi de rendre grâce à Dieu pour la vie et l’œuvre de la Vénérable Marie Ward, native de cette terre, dont la vision novatrice de la vie religieuse apostolique féminine a porté beaucoup de fruits. Moi-même, dans ma jeunesse, j’ai été enseigné par les « English Ladies » et je leur dois une profond gratitude. Beaucoup d’entre vous appartiennent à des ordres éducatifs qui ont porté, en des terres lointaines, la lumière de l’Evangile, participant à la grande œuvre missionnaire de l’Église, et pour cela aussi, je rends grâce et louanges à Dieu. Vous avez souvent posé les bases d’un système éducatif avant même que l’État n’assume sa responsabilité dans ce service vital des individus et de la société. Comme les rôles respectifs de l’Église et de l’État dans le domaine de l’éducation continuent d’évoluer, n’oubliez jamais que les religieux ont une contribution unique à donner à cet apostolat, par-dessus tout à cause de leurs vies consacrées à Dieu et du témoignage de fidélité et d’amour qu’ils rendent au Christ, le Maître suprême.

 

La présence de religieux dans les écoles catholiques est vraiment un puissant rappel de l’esprit catholique, souvent remis en cause, qui doit imprégner tous les aspects de la vie scolaire. Cela s’étend bien au-delà d’un enseignement dont le contenu devrait toujours être conforme à la doctrine de l’Église, exigence qui va de soit. Cela veut dire que la vie de foi doit être la force motrice qui sous-tend toute activité dans l’école, pour que la mission de l’Église puisse être accomplie avec efficacité, et que les jeunes puissent découvrir la joie d’appartenir à « l’être pour tous » du Christ (cf. Spe Salvi, 28).

 

Avant de conclure, j’adresse une pensée particulière de gratitude à ceux dont la tâche consiste à assurer dans nos écoles un environnement sécurisant aux enfants et aux jeunes. Notre responsabilité envers ceux qui nous sont confiés pour leur formation chrétienne n’exige rien de moins. En effet, la vie de foi ne peut être éduquée avec efficacité que dans un climat de confiance respectueuse et affectueuse. Je prie pour que cela reste la marque des écoles catholiques dans ce pays.

 

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Par Matthieu BOUCART - Publié dans : Benoit XVI - Communauté : Diverses croyances...
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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 18:34

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VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE BENOÎT XVI AU ROYAUME UNI – Homélie du Saint Père prononcée lors de la messe au Bellahouston Park de Glasgow, le 16 septembre 2010.

 

Bellahouston Park

 

Chers frères et sœurs dans le Christ,

 

« Le Royaume de Dieu est tout proche de vous ! » (Lc 10, 9). C’est par ces mots de l’Évangile que nous venons d’écouter que je vous salue tous avec une grande affection dans le Seigneur. Oui, le Royaume du Seigneur est déjà au milieu de nous. Dans cette célébration eucharistique durant laquelle l’Église qui est en Écosse est rassemblée autour de l’autel en union avec le Successeur de Pierre, réaffirmons notre foi dans les paroles du Christ et notre espérance – une espérance qui ne déçoit jamais – en ses promesses […].

 

L’Évangile d’aujourd’hui nous rappelle que Jésus continue d’envoyer ses disciples à travers le monde afin d’annoncer l’avènement de son Royaume et d’apporter sa paix dans le monde, d’abord de maison en maison, puis de famille en famille, et de ville en ville. Je suis venu chez vous, fils spirituels de Saint André, comme un messager de cette paix et pour vous confirmer dans la foi de Pierre (cf. Lc 22, 32). C’est avec une certaine émotion que je vous parle, non loin du lieu où mon vénéré prédécesseur, le Pape Jean-Paul II, célébra la messe avec vous, il y a presque 30 ans, et où il fut accueilli par la plus grande foule jamais rassemblée dans l’Histoire écossaise.

 

Depuis cette visite historique, beaucoup d’événements se sont passés en Écosse et au sein de l’Église qui est dans ce pays. Je constate avec une profonde satisfaction combien l’appel à marcher main dans la main avec vos frères chrétiens, que le Pape Jean-Paul II vous avait adressé, a contribué à faire grandir la confiance et l’amitié avec les membres de l’Église d’Écosse, ceux de l’Église épiscopale écossaise et d’autres encore. Je vous encourage à continuer de prier et de travailler avec eux à la construction d’un avenir plus radieux pour l’Écosse, un avenir basé sur notre héritage chrétien commun.

 

Dans la première lecture d’aujourd’hui, nous avons entendu Saint Paul encourager les Romains à reconnaître que, comme membres du Christ, « nous sommes membres les uns des autres » (Rm 12, 5), et à vivre dans le respect et l’amour mutuel. Dans cet esprit, je salue les représentants œcuméniques qui nous honorent de leur présence. Cette année marque le 450ème anniversaire de la création du Parlement de la Réforme ainsi que le 100ème anniversaire de la Conférence Missionnaire Mondiale d’Édimbourg, qui est largement reconnue comme le point de départ du mouvement œcuménique moderne. Rendons grâce à Dieu pour l’espoir que représentent les efforts de compréhension et de coopération œcuméniques, en vue d’un unique témoignage à la vérité du Salut qu’est la Parole de Dieu, dans une société soumise aujourd’hui à de rapides changements.

 

Parmi les différents dons énumérés par Saint Paul pour la construction de l’Église figure celui de l’enseignement (cf. Rm 12, 7). L’annonce de l’Évangile a toujours été accompagnée par un souci pour les paroles : la parole inspirée de Dieu, et la culture dans laquelle celle-ci s’enracine et fleurit. Ici en Écosse, je pense aux trois universités médiévales fondées par les papes, en particulier à l’université Saint-André qui va célébrer cette année le 600ème anniversaire de fondation. Dans les trente dernières années, avec le concours des autorités civiles, les écoles catholiques écossaises ont relevé le défi de procurer une éducation intégrale à un plus grand nombre d’étudiants, et cela a aidé des jeunes non seulement dans leur croissance spirituelle et humaine, mais aussi pour leur insertion dans la vie professionnelle et publique. C’est un signe de grande espérance pour l’Église, et j’encourage les professionnels catholiques, hommes politiques et professeurs d’Écosse, à ne jamais perdre de vue leur vocation qui est de mettre leurs talents et leur expérience au service de la foi, en s’engageant à tous les niveaux de la culture contemporaine écossaise.

 

L’évangélisation de la culture est d’autant plus importante de nos jours, alors qu’une « dictature du relativisme » menace d’obscurcir l’immuable vérité sur la nature humaine, sa destinée et son bien suprême. Certains cherchent aujourd’hui à exclure la croyance religieuse du discours public, à la limiter à la sphère privée ou même à la dépeindre comme une menace pour l’égalité et pour la liberté. Pourtant, la religion est en fait une garantie de liberté et de respect authentiques, car elle nous conduit à considérer chaque personne comme un frère ou une sœur. Pour cette raison, je lance un appel particulier à vous les fidèles laïcs, en accord avec votre vocation et votre mission baptismales, à être non seulement des exemples de foi dans la vie publique, mais aussi à introduire et à promouvoir dans le débat public l’argument d’une sagesse et d’une vision de foi. La société d’aujourd’hui a besoin de voix claires qui prônent notre droit de vivre, non pas dans une jungle de libertés autodestructrices et arbitraires, mais dans une société qui travaille pour le vrai bien-être de ses citoyens et qui, face à leurs fragilités et leurs faiblesses, leur offre conseils et protection. N’ayez pas peur de prendre en main ce service de vos frères et sœurs pour l’avenir de votre nation bien-aimée.

 

Saint Ninian, dont nous célébrons la fête aujourd’hui, n’a pas eu peur d’être une voix solitaire. Sur les pas des disciples que notre Seigneur envoyait devant lui, Ninian fut l’un des tout premiers missionnaires catholiques à apporter à ses frères britanniques la Bonne nouvelle de Jésus Christ. Son poste missionnaire, à Galloway, devint le centre de la première évangélisation de ce pays. Ce travail fut plus tard poursuivi par Saint Mungo, le saint Patron de Glasgow, et par d’autres saints, parmi lesquels Saint Colomba et Sainte Marguerite sont les plus grands. Inspirés par leurs exemples, beaucoup d’hommes et de femmes ont œuvré au long des siècles pour vous transmettre la foi. Puisse l’exhortation faite par Saint Paul dans la première lecture, vous inspirer constamment : « Ne brisez pas l’élan de votre générosité, mais laissez jaillir l’Esprit ; soyez les serviteurs du Seigneur. Aux jours d’espérance, soyez dans la joie ; aux jours d’épreuve, tenez bon ; priez avec persévérance » (cf. Rm 12, 11-12).

 

J’aimerais à présent adresser un message particulier aux Évêques d’Écosse. Chers frères, je vous encourage dans votre charge pastorale auprès des catholiques d’Écosse. Comme vous le savez, l’un de vos premiers devoirs pastoraux est envers vos prêtres (cf. Presbyterorum Ordinis, 7) et doit viser leur sanctification. De même qu’ils sont alter Christus pour la communauté catholique, ainsi l’êtes-vous aussi pour eux. Dans votre ministère fraternel envers vos prêtres, vivez en plénitude la charité qui vient du Christ et collaborez avec tous, spécialement avec ceux qui ont peu de contact avec leurs confrères prêtres. Priez avec eux pour les vocations, afin que le Maître de la moisson envoie des ouvriers pour sa moisson (cf. Lc 10, 2). De même que l’Eucharistie fait l’Église, ainsi le sacerdoce est central pour la vie de l’Église. Engagez-vous personnellement dans la formation de vos prêtres afin qu’ils deviennent un groupe d’hommes capables d’en inspirer d’autres à se consacrer totalement au service du Dieu Tout-puissant. Prenez aussi soin des diacres dont le ministère de service est lié de manière particulière à celui de l’ordre des Évêques. Pour eux, soyez des pères et des guides vers la sainteté, et encouragez-les à acquérir connaissance et sagesse dans l’accomplissement de la mission d’annonce à laquelle ils ont été appelés.

 

Chers prêtres d’Écosse, vous êtes appelés à la sainteté et au service du peuple de Dieu en modelant vos vies sur le mystère de la Croix du Seigneur. Prêchez l’Évangile avec un cœur pur et une conscience transparente. Consacrez-vous à Dieu seul et vous deviendrez pour les jeunes des exemples lumineux d’une vie sainte, simple et joyeuse : à leur tour, ils désireront vous rejoindre dans votre service exclusif de servir le peuple de Dieu. Puisse l’exemple de dévouement, de désintéressement et de courage de Saint Jean Ogilvie vous inspirer tous ! De même, j’encourage les moines, les religieuses et les religieux d’Écosse à être comme la lumière placée sur la colline, menant une authentique vie chrétienne de prière et d’action qui rend un témoignage lumineux à la puissance de l’Évangile.

 

Je désire enfin m’adresser à vous, chers jeunes catholiques d’Écosse. Je vous invite à mener une vie digne de notre Seigneur (cf. Eph 4, 1) et de vous-mêmes. Chaque jour, vous êtres soumis à de nombreuses tentations – drogue, argent, sexe, pornographie, alcool – dont le monde prétend qu’elles vous donnent le bonheur. Mais ces choses détruisent et divisent. Il n’y a qu’une seule chose qui soit durable : l’amour de Jésus Christ pour chacun de vous personnellement. Cherchez-le, connaissez-le et aimez-le, et il vous rendra libres de l’esclavage d’une existence attrayante mais superficielle, souvent proposée par la société d’aujourd’hui. Laissez de côté ce qui ne vaut rien et apprenez votre propre dignité de fils de Dieu. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus nous demande de prier pour les vocations : je prie pour que beaucoup d’entre vous connaissent et aiment Jésus Christ et, qu’à travers cette rencontre, ils se consacrent complètement à Dieu, particulièrement ceux d’entre vous qui sont appelés au sacerdoce et à la vie religieuse. C’est le défi que le Seigneur vous lance aujourd’hui : l’Eglise vous appartient dès maintenant.  

   

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Par Matthieu BOUCART - Publié dans : Benoit XVI - Communauté : Diverses croyances...
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 17:29

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VOYAGE APOSTOLIQUE DU PAPE BENOÎT XVI AU ROYAUME UNI – Discours du Saint Père prononcé au Palais de Holyroodhouse à Édimbourg, lors de sa visite à la Reine Elisabeth II, le 16 septembre 2010.

 

Elisabeth II 

 

Majesté,

 

Merci pour votre aimable invitation à effectuer une visite officielle au Royaume-Uni et pour vos mots chaleureux de bienvenue au nom du peuple britannique. Tout en remerciant Votre Majesté, permettez-moi d’étendre mes salutations personnelles à l’ensemble du peuple du Royaume-Uni et de tendre une main amicale vers chacun […].

 

Le nom de Holyroodhouse, résidence officielle de Votre Majesté en Écosse, rappelle la ‘Sainte Croix’ et indique les profondes racines chrétiennes qui restent présentes dans toutes les strates de la vie britannique. Les monarques d’Angleterre et d’Écosse ont été chrétiens très tôt, et on compte parmi eux des saints exceptionnels comme Édouard le Confesseur et Marguerite d’Écosse. Comme Vous le savez, beaucoup parmi eux ont exercé consciencieusement leur souverain devoir à la lumière de l’Évangile, et, ils ont ainsi façonné très profondément la nation vers le bien. Le message chrétien est ainsi devenu partie intégrante de la langue, de la pensée et de la culture des populations de ces îles depuis plus de 1000 ans. Le respect de vos ancêtres pour la vérité et la justice, pour la miséricorde et la charité qui vous a été transmis vient d’une foi qui reste une force puissante pour le bien dans Votre royaume, au grand bénéfice des chrétiens comme des non-chrétiens.

 

Nous trouvons plusieurs exemples de cette tension vers le bien à travers la longue histoire de la Grande-Bretagne. Même en des périodes relativement récentes, grâce à des personnalités comme William Willberforce et David Livingstone, la Grande-Bretagne est intervenue directement dans l’abolition du commerce international des esclaves. Inspirées par leur foi, des femmes comme Florence Nightingale, ont servi les pauvres et les malades et ont créé de nouveaux modèles de soins médicaux, qui, par la suite, ont été imités partout. John Henry Newman, dont je célébrerai bientôt la béatification, fut un des nombreux chrétiens britanniques de cette époque, dont la bonté, l’éloquence et l’action ont fait honneur aux hommes et aux femmes de leur pays. Ces personnalités, et tant d’autres encore, étaient inspirées par une foi profonde qu’ils avaient reçue et nourrie dans ces îles.

 

Même dans notre propre vie, nous pouvons nous rappeler combien la Grande-Bretagne et ses dirigeants ont combattu la tyrannie nazie qui cherchait à éliminer Dieu de la société, et qui niait notre commune humanité avec beaucoup jugés indignes de vivre, en particulier les Juifs. J’évoque aussi l’attitude du régime envers des pasteurs et des religieux chrétiens qui ont défendu la vérité dans l’amour en s’opposant aux Nazis et qui l’ont payé de leurs vies. En réfléchissant sur les leçons dramatiques de l’extrémisme athée du XXème siècle, n’oublions jamais combien exclure Dieu, la religion et la vertu de la vie publique, conduit en fin de compte à une vision tronquée de l’homme et de la société, et ainsi à une vision réductrice de la personne et de sa destinée (cf. Caritas in Veritate, n. 29).

 

Il y a 65 ans, la Grande-Bretagne joua un rôle essentiel en suscitant le consensus international de l’après-guerre qui favorisa la création des Nations-Unies et inaugura une période de paix et de prospérité jusqu’alors inconnue en Europe. Plus récemment, la communauté internationale a suivi de près les événements en Irlande du Nord qui ont conduit à la signature de ‘l’Accord du Vendredi Saint’ et à la délégation des pouvoirs à l’Assemblée de l’Irlande du Nord. Le Gouvernement de Votre Majesté et le Gouvernement de l’Irlande, en collaboration avec les dirigeants politiques, religieux et civils de l’Irlande du Nord, ont aidé à donner naissance à une résolution pacifique de ce conflit. J’encourage tous ceux qui y sont impliqués à continuer de marcher ensemble courageusement sur le chemin déjà tracé vers une paix juste et durable.

 

En regardant vers l’étranger, le Royaume-Uni demeure une réalité importante politiquement et économiquement sur la scène internationale. Votre Gouvernement et votre peuple ont forgé des idées qui ont encore un impact bien au-delà des Îles britanniques. Cela leur confère le devoir particulier d’agir avec sagesse en vue du bien commun. De même, parce que leurs opinions atteignent une audience aussi large, les médias britanniques ont une responsabilité plus lourde que la plupart des autres médias, et une plus grande opportunité pour promouvoir la paix entre les nations, le développement intégral des pays et la propagation d’authentiques droits de l’homme. Puissent tous les Britanniques continuer d’être animés par ces valeurs d’honnêteté, de respect et d’impartialité qui leur ont mérité l’estime et l’admiration de beaucoup !

 

Aujourd’hui, le Royaume-Uni s’efforce d’être une société moderne et multiculturelle. Dans ce noble défi puisse-t-il garder toujours son respect pour les valeurs traditionnelles et les expressions de la culture que des formes plus agressives de sécularisme n’estiment ni ne tolèrent même plus ! Qu’il n’enfouisse pas les fondements chrétiens qui sous-tendent ses libertés ; puisse aussi ce patrimoine qui a toujours servi le bien de la nation, inspirer constamment l’exemple que Votre Gouvernement et Votre peuple donne aux deux milliards de membres du Commonwealth et à la grande famille des nations de langue anglaise à travers le monde !

 

Que Dieu bénisse Votre Majesté et le peuple tout entier de votre royaume.  

   

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Par Matthieu BOUCART - Publié dans : Benoit XVI - Communauté : Le champ du monde
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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 18:49

Conférence de presse tenue par le Pape Benoît XVI dans l’avion le conduisant vers le Royaume Uni, le 16 septembre 2010.

 

Première question : Durant la préparation de ce voyage, des discussions et des positions opposées ont été exprimées. Dans la tradition passée du pays, il y a de fortes positions anti-catholiques. Etes-vous préoccupé de la manière dont vous serez accueilli?

 

Réponse du Pape Benoît XVI : Tout d'abord, bonne journée et bon vol à nous tous. Je dois dire que je ne suis pas inquiet, parce que lorsque je me suis rendu en France, il a été dit qu'il s'agissait du pays le plus anticlérical, avec de forts courants anticléricaux et avec un très petit nombre de fidèles ; lorsque je suis allé en République tchèque, il a été dit que c'était le pays le plus a-religieux de toute l'Europe et le plus anticlérical lui aussi. Les pays occidentaux ont donc tous, chacun à leur manière et selon leur propre Histoire, de forts courants anticléricaux et anti-catholiques, mais ils ont aussi toujours une forte présence de foi. Ainsi, en France et en République tchèque, j'ai vu et j'ai reçu un accueil chaleureux de la part de la communauté catholique ; une forte attention de la part des agnostiques qui sont toutefois en quête, qui veulent connaître et trouver les valeurs qui font aller de l'avant l'humanité, et qui ont été très attentifs à pouvoir entendre de ma part quelque chose allant également dans ce sens ; et la tolérance et le respect de ceux qui sont anti-catholiques. Naturellement la Grande Bretagne a sa propre Histoire d'anti-catholicisme, bien entendu, mais c'est aussi un pays ayant une grande Histoire de tolérance. Ainsi, je suis sûr que, d'une part, il y aura un accueil positif des catholiques et des croyants, en général ; une attention de ceux qui cherchent comment aller de l'avant à notre époque, et le respect et la tolérance réciproque là où existe un anti-catholicisme. Je vais de l'avant avec beaucoup de courage et de joie.

 

Deuxième question : Le Royaume-Uni, comme beaucoup d'autres pays occidentaux — c'est un thème que vous avez déjà abordé dans la première réponse — est considéré comme un pays sécularisé ; il y a un fort mouvement athée ayant aussi des motivations culturelles ; toutefois il existe aussi des signes que la foi religieuse, en particulier en Jésus Christ, est encore vivante au niveau personnel. Qu'est-ce que cela peut signifier pour les catholiques et les anglicans? Peut-on faire quelque chose pour rendre l'Eglise, en tant qu'institution, encore plus crédible et attirante pour tous?

 

Réponse du Pape Benoît XVI : Je dirais qu'une Eglise qui cherche surtout à être attirante ferait déjà fausse route. Parce que l'Eglise ne travaille pas pour elle-même, elle ne travaille pas pour croître en nombre et ainsi augmenter son pouvoir. L'Eglise est au service d'un Autre, elle n’est pas utile pour elle-même, pour être un corps fort, mais pour rendre accessible l'annonce de Jésus Christ, les grandes vérités, les grandes forces d'amour, de réconciliation apparues à travers cette figure et qui viennent toujours de la présence de Jésus Christ. Dans ce sens, l'Eglise ne recherche pas à être attirante, mais elle doit être transparente pour Jésus Christ. Et dans la mesure où elle n'existe pas pour elle-même, comme un corps fort et puissant dans le monde, qui veut avoir du pouvoir, mais se fait simplement la voix d'un Autre, elle devient réellement transparence pour la grande figure du Christ et les grandes vérités qu'il a apportées dans l'humanité, la force de l'amour ; alors à ce moment-là, l'Eglise est écoutée et acceptée. Elle ne devrait pas penser à elle-même, mais aider à penser à l'Autre et, quant à elle, voir et parler de l’Autre et pour l'Autre. En ce sens, il me semble aussi que les anglicans et les catholiques ont le simple devoir, le même devoir, la même direction à prendre. Si les anglicans et les catholiques voient que ni les uns ni les autres ne servent pour eux-mêmes, mais sont des instruments pour le Christ, « ami de l'Epoux » — comme le dit saint Jean — si tous deux suivent la priorité du Christ et non la leur, alors ils se retrouvent également ensemble, parce qu'alors la priorité du Christ les rapproche et ils ne sont plus concurrents, chacun cherchant le plus grand nombre, mais ils sont associés dans l'engagement pour la vérité du Christ qui entre dans ce monde, et se trouvent ainsi réciproquement dans un œcuménisme vrai et fécond.

 

Troisième question : Comme chacun sait, et cela a été mis également en évidence par de récents sondages, le scandale des abus sexuels a fragilisé la confiance des fidèles dans l'Eglise. Comment pensez-vous contribuer à rétablir cette confiance?

 

Réponse du Pape Benoît XVI : Tout d'abord, je dois dire que ces révélations ont été pour moi un choc. Elles suscitent en moi une grande tristesse, il est difficile de comprendre comment cette perversion du ministère sacerdotal était possible. Le prêtre, au moment de l'ordination, préparé pendant plusieurs années, à ce moment-là, dit oui au Christ pour se faire sa voix, sa bouche, sa main et le servir de toute son existence pour que le Bon Pasteur, qui aime, aide et guide vers la vérité soit présent dans le monde. Comment un homme qui a fait et dit cela peut ensuite tomber dans cette perversion, c'est difficile à comprendre, c'est une grande tristesse, une tristesse aussi que l'autorité de l'Eglise n'ait pas été assez vigilante et pas suffisamment rapide, ferme, pour prendre les mesures nécessaires (…). Il me semble que nous devons à présent accomplir un temps de pénitence, un temps d'humilité, et renouveler et réapprendre une sincérité absolue. Quant aux victimes, dirais-je, trois choses sont importantes. Les victimes sont la première de nos priorités : comment pouvons-nous réparer, que pouvons-nous faire pour aider ces personnes à surmonter ce traumatisme, à retrouver la vie, à retrouver aussi la confiance dans le message du Christ. Prendre soin, s’engager pour les victimes: telle est la première priorité, à travers des aides matérielles, psychologiques, spirituelles. Deuxièmement, le problème des coupables : la juste peine, les exclure de toute possibilité d'accès aux jeunes, parce que nous savons que c'est une maladie et que la libre volonté ne fonctionne pas avec ce type de maladie ; nous devons protéger ces personnes contre elles-mêmes, et trouver le moyen de les aider et de les protéger contre elles-mêmes et les exclure de tout contact avec les jeunes. Le troisième point est la prévention dans l'éducation et dans le choix des candidats au sacerdoce. Etre attentifs de façon à ce que, selon les possibilités humaines, de futurs cas soient exclus (…).

 

Quatrième question : Votre Sainteté, la figure du cardinal Newman est évidemment très significative pour vous. Pour le cardinal Newman, vous faites l'exception de présider vous-même la béatification. Pensez-vous que son souvenir puisse aider à surmonter les divisions entres anglicans et catholiques? Et quels sont les aspects de sa personnalité sur lesquels vous souhaitez mettre plus fortement l'accent?

 

Réponse du Pape Benoît XVI : Le cardinal Newman est surtout d’une part un homme moderne, qui a vécu tout le problème de la modernité, qui a vécu aussi le problème de l'agnosticisme, de l'impossibilité de connaître Dieu, de croire. Un homme qui a été toute sa vie en chemin, sur le chemin conduisant à se laisser transformer par la vérité dans une recherche de grande sincérité et de grande disponibilité, pour mieux connaître et pour trouver, accepter la route vers la vraie vie. Cette modernité intérieure, de son être et de sa vie, implique la modernité de sa foi. Ce n'est pas une foi de formules appartenant à une époque passée : c’est une foi tout à fait personnelle, vécue, soufferte, trouvée, sur un long chemin de renouveau et de conversion. C'est un homme d'une grande culture, qui d'une part participe de notre culture sceptique d'aujourd'hui — à la question de savoir si nous pouvons comprendre quelque chose de certain sur la vérité de l'homme, de l'être ou non, et comment nous pouvons arriver à la convergence des probabilités. Un homme qui, d'autre part, avec une grande culture de la connaissance des Pères de l'Eglise, a étudié et renouvelé la genèse interne de la foi et reconnu ainsi sa figure et construction intérieure. C'est un homme d'une grande spiritualité, d'un grand humanisme, un homme de prière, d'une relation profonde avec Dieu et d'une relation personnelle, et pour cette raison également d'une relation profonde avec les autres hommes de son temps et du nôtre. Ces trois éléments, donc : la modernité de son existence, avec tous les doutes et les problèmes de notre être aujourd'hui ; une grande culture, la connaissance des grands trésors de la culture de l'humanité, la disponibilité d'une recherche permanente, d'un renouveau permanent ; et la spiritualité : une vie spirituelle, une vie avec Dieu, donnent à cet homme une grandeur exceptionnelle pour notre temps. C'est pourquoi c'est une figure de docteur de l'Eglise pour nous et pour tous, et c'est aussi un pont entre anglicans et catholiques.

 

Cinquième question : Une dernière question. Cette visite est considérée comme une visite d'Etat. Que signifie cela pour les relations entre le Saint-Siège et le Royaume-Uni? Y a-t-il des points importants d'accord? En particulier concernant les grands défis du monde actuel?

 

Réponse du Pape Benoît XVI : Je suis très reconnaissant à Sa Majesté la reine Elisabeth II, qui a voulu donner à cette visite le rang d'une visite d'Etat, qui sait exprimer le caractère public de cette visite ainsi que la responsabilité commune entre la politique et la religion pour l'avenir du continent et pour l'avenir de l'humanité. Nous avons une grande responsabilité commune afin que les valeurs qui créent la justice et la politique et qui viennent de la religion, soient ensemble, en chemin dans notre temps. Naturellement le fait qu'il s'agisse juridiquement d'une visite d'Etat ne fait pas de la visite un événement politique, parce que si le Pape est un chef d'Etat, il s'agit uniquement d'un instrument pour garantir l'indépendance de son annonce et le caractère public de son travail de pasteur. En ce sens, la visite d'Etat demeure elle aussi substantiellement et essentiellement une visite pastorale, c'est-à-dire une visite dans la responsabilité de la foi, pour laquelle le Souverain Pontife, le Pape, existe. Et naturellement, ce caractère de visite d’Etat place au centre de l'attention les recoupements entre l'intérêt de la politique et de la religion. La politique substantiellement est créée pour garantir la justice, et avec la justice la liberté, mais la justice est une valeur morale, une valeur religieuse et ainsi la foi, l'annonce de l'Evangile, est reliée, au point «justice», avec la politique, et ici aussi naissent les intérêts communs. La Grande-Bretagne a une grande expérience et une grande activité dans la lutte contre les maux de ce temps, contre la misère, la pauvreté, les maladies, la drogue et toutes ces luttes contre la misère, la pauvreté, l’esclavage de l'homme, l'abus de l'homme, la drogue, sont aussi des objectifs de la foi, parce que ce sont des objectifs de l'humanisation de l'homme, pour que soit restituée l'image de Dieu contre les destructions et les dévastations. Une deuxième tâche commune est l'engagement pour la paix dans le monde et la capacité de vivre la paix, l'éducation à la paix. Créer les vertus qui rendent l'homme capable de paix. Et enfin, un élément essentiel de la paix est le dialogue entre les religions, la tolérance, l'ouverture de l’un pour l'autre, et cela est aussi un profond objectif, tant de la Grande-Bretagne comme société, que de la foi catholique, d'ouvrir les cœurs, d'ouvrir au dialogue, d'ouvrir ainsi à la vérité et au chemin commun de l'humanité, afin de retrouver les valeurs qui sont le fondement de notre humanisme.

 

 

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Par Matthieu BOUCART - Publié dans : Benoit XVI - Communauté : Communauté spirituelle
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Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 17:10

A quelques jours de la veillée de prière organisée en la Cathédrale Notre Dame de Paris, jeudi 8 décembre, jour de la première du spectacle intitulé Golgota Picnic insultant la figure du Christ sur la Croix, je vous propose deux réflexions (complémentaires) parues dans les feuilles hebdomadaires de la paroisse Saint Léon et de la Maison Maurice Maignen (Paris 15e), puis une troisième de Fabrice Hadjadj au micro de Radio Vatican.

 

1. Réflexion de Jean Villeminot, Diacre permanent de la Paroisse Saint Léon.

 

Deux pièces de théâtre scandalisent des chrétiens qui se demandent s'il faut réagir et, si oui, comment le faire de façon juste. Qu'en est-il exactement dans ces pièces? Je ne le sais pas et, pour tout vous avouer, cela ne m'intéresse pas. Mais supposons, puisqu'on le dit, qu'on y injurie le Christ, et particulièrement le Christ en Croix. Cela me fait alors réfléchir.

 

La Croix est ma fierté de chrétien, et je sais qu'elle est la cause de mon Salut, parce que je crois que le Crucifié, vrai homme, est aussi vrai Dieu. Seulement à cause des 2000 ans passés depuis l'évènement qui est le pivôt de l'histoire humaine, j'ai tendance à voir la gloire de la Croix, ce qui est juste, mais en oubliant la déréliction du Christ, les crachats, les injures, la violence, la dérision... Il ne faut pas séparer le "concept" de la Croix de la "chair" du Christ qui l'a vécu. Pire encore, je risque d'oublier que c'est librement que Jésus a voulu, je dis bien voulu, par amour pour moi, être élevé de terre.

 

Mais alors, lorsque cet évènement est "actualisé" sous mes yeux, que faut-il que je fasse? En relisant, à cette occasion, les évangiles de la Passion, je me rends compte qu'il n'y a rien de nouveau sous le ciel. Le Christ est en agonie jusqu'à la fin des temps. L'évènement absolument historique, parce que le Christ est Dieu, est réellement permanent. "Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?"

 

Je consentirai donc à la Croix avec plus de foi, je contemplerai le Christ dans sa Passion avec plus d'amour, je vénèrerai la couronne d'épines en intercédant.

 

Voilà, me semble-t-il, ce que notre évêque nous invite à vivre.

 

"Pierre, remets ton épée au fourreau. Est-ce que je vais refuser la coupe que le Père m'a donnée à boire?" (Jn 18. 11)

 

2. Réflexion du Père Franck Zeuschner, de la Maison Maurice Maignen.

 

C'est le cri qui jaillit spontanément du coeur en constatant que depuis quelques semaines, on s'acharne de nouveau contre le Christ et son Eglise. Deux pièces de théâtre (dont une, paraît-il, ne cherchait pas à choquer... c'est raté) et une série d'affiches haineuses et outrancières nous agressent actuellement.

 

Bien sûr, face à la haine et à la provocation, il est facile de répondre avec les mêmes armes. C'est justement ce que l'on attend de nous. Il n'en est pas question. On n'annonce pas l'Evangile avec des méthodes antiévangéliques.

 

Mais il est également facile de s'appuyer sur cette maxime pour ne rien faire. Ce serait une autre erreur d'accepter passivement que l'on traine de nouveau dans la boue Celui qui est justement venu dans le monde pour sortir l'humanité de sa fange. Certains pourront dire : "Jésus a accepté les outrages en silence". Il ne les a pas accepté, il a accepté de les subir alors qu'il les savait injustes et injurieux, ce qui est bien différent. Et quand Véronique a vu le visage maculé de Jésus, elle l'a essuyé, elle n'est pas restée les bras croisés.

 

Il est intéressant de voir les nombreuses déclarations à ce sujet. En tant que prêtre d'une petite communauté chrétienne, je tiens à dire à tous ceux qui se sentent blessés par tout cela que je comprends leur souffrance et la partage. Votre souffrance est le signe de votre amour. Ces persécutions, qui pourraient être plus virulentes, nous ont été annoncées par Jésus lui-même. C'est l'Evangile de la Toussaint. Comme Jésus,  et avec Lui, nous devons transformer la haine en amour. Nous devons tout d'abord prier pour ceux qui nous persécutent et qui continuent d'offenser gravement le Christ et son Eglise. Nous devons implorer le pardon pour ceux qui ne savent pas ce qu'ils font, et aussi pour ceux qui, peut-être, savent très bien ce qu'ils font... Nous devons aussi prier et offrir pour réparer tout ce mal, nous ne sommes pas parfaits non plus...

 

Sans aucune violence, je crois que nous devons également faire connaître notre désapprobation et faire ce qui est en notre pouvoir pour que le mal cesse. Quand un enfant fait quelque chose de mauvais ou de dangereux, ses parents interviennent et c'est leur devoir. Ne rien dire serait de l'irresponsabilité. Les chrétiens ont aussi à faire savoir qu'on ne peut pas faire n'importe quoi, que tout n'est pas permis. Ecrivez, envoyez des mails, ne dites surtout pas que c'est inutile car ce n'est pas vrai.

 

3. Réflexion audio de Fabrice Hadjadj, philosophe : "Ce qui me fait peur, c'est la phobie de la christianophobie"...

Par Matthieu BOUCART - Publié dans : Questions d'actualité - Communauté : Le champ du monde
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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 13:42

Audience Générale du Pape Benoît XVI sur Saint Augustin, le 25 août 2010.

 

Chers frères et sœurs,

 

Dans la vie de chacun de nous, il y a des personnes très chères, que nous sentons particulièrement proches, certaines sont déjà dans les bras de Dieu, d’autres parcourent encore avec nous le chemin de la vie : ce sont nos parents, notre famille, les éducateurs ; ce sont des personnes auxquelles nous avons fait du bien, ou dont nous avons reçu du bien ; ce sont des personnes sur lesquelles nous savons pouvoir compter. Il est important, cependant, d’avoir également des « compagnons de route » sur le chemin de notre vie chrétienne : je pense au directeur spirituel, au confesseur, à des personnes avec lesquelles on peut partager sa propre expérience de foi, mais je pense également à la Vierge Marie et aux saints. Chacun devrait avoir un saint qui lui soit familier, pour le sentir proche à travers la prière et l’intercession, mais également pour l’imiter. Je voudrais donc vous inviter à faire davantage connaissance avec les saints, à commencer par celui dont vous portez le nom, en lisant sa vie, ses écrits. Soyez certains qu’ils deviendront de bons guides pour aimer encore davantage le Seigneur et des soutiens sûrs pour votre croissance humaine et chrétienne.

 

Comme vous le savez, je suis moi aussi lié de manière particulière à certaines figures de saints : parmi celles-ci, outre Saint Joseph et Saint Benoît dont je porte le nom, ainsi que d’autres, il y a Saint Augustin, que j’ai eu le grand don de connaître de près, pour ainsi dire, à travers l’étude et la prière et qui est devenu un bon « compagnon de route » dans ma vie et dans mon ministère. Je voudrais souligner encore une fois un aspect important de son expérience humaine et chrétienne, également actuel à notre époque où il semble que le relativisme soit paradoxalement la « vérité » qui doit guider la pensée, les choix, les comportements.

 

Saint Augustin est un homme qui n’a jamais vécu de manière superficielle ; la soif, la recherche tourmentée et constante de la Vérité est l’une des caractéristiques de fond de son existence ; mais pas cependant des « pseudo-vérités » incapables d’apporter une paix durable dans le cœur, mais de cette Vérité qui donne un sens à l’existence et qui est la « demeure » dans laquelle le cœur trouve la sérénité et la joie. Son chemin, nous le savons, n’a pas été facile : il a pensé trouver la Vérité dans le prestige, dans la carrière, dans la possession des choses, dans les voix qui lui promettaient un bonheur immédiat ; il a commis des erreurs, il a traversé des moments de tristesse, il a affronté des échecs, mais il ne s’est jamais arrêté, il ne s’est jamais contenté de ce qui lui apportait seulement une étincelle de lumière ; il a su regarder au plus profond de lui-même et il s’est rendu compte, comme il l’écrit dans lesConfessions, que cette Vérité, ce Dieu qu’il cherchait de toutes ses forces était plus proche de lui que lui-même, il avait toujours été à ses côtés, il ne l’avait jamais abandonné, il était dans l’attente de pouvoir entrer de manière définitive dans sa vie. Comme je le disais en commentant le récent film sur sa vie, Saint Augustin a compris, dans sa recherche tourmentée, que ce n’est pas lui qui a trouvé la Vérité, mais que c’est la vérité elle-même, qui est Dieu, qui l’a cherché et qui l’a trouvé (cf. ORLF n. 36 du 8 septembre 2009). Romano Guardini, commentant un passage du troisième chapitre des Confessions, affirme : Saint Augustin comprit que Dieu est « gloire qui nous jette à genoux, boisson qui étanche la soif, trésor qui rend heureux, [...il eut] la certitude apaisante de celui qui a finalement compris, mais également la béatitude de l’amour qui sait : Cela est tout et me suffit » (Pensatori religiosi, Brescia 2001, p. 177).

Toujours dans les Confessions, au Livre IX, notre saint rapporte une conversation avec sa mère, Sainte Monique (…). C’est une très belle scène : sa mère et lui sont à Ostie, dans une auberge, et de la fenêtre, ils voient le ciel et la mer, et ils transcendent le ciel et la mer, et pendant un moment, ils touchent le cœur de Dieu dans le silence des créatures. Et ici apparaît une idée fondamentale dans le chemin vers la Vérité : les créatures doivent se taire si l’on veut qu’apparaisse le silence dans lequel Dieu peut parler. Cela est toujours vrai également à notre époque : on a parfois une sorte de crainte du silence, du recueillement, de penser à ses propres actions, au sens profond de sa propre vie, on préfère souvent ne vivre que le moment qui passe, en ayant l’illusion qu’il apportera un bonheur durable ; on préfère vivre, parce que cela semble plus facile, de manière superficielle, sans penser ; on a peur de chercher la Vérité ou on a peut-être peur que la Vérité nous trouve, nous saisisse et change notre vie, comme cela s’est produit pour Saint Augustin.

 

Chers frères et sœurs, je voudrais dire à tous, même à ceux qui sont dans un moment de difficulté dans leur chemin de foi, à ceux qui participent peu à la vie de l’Eglise ou à ceux qui vivent comme si Dieu n’existait pas, de ne pas avoir peur de la Vérité, de ne jamais interrompre le chemin vers celle-ci, de ne jamais cesser de rechercher la vérité profonde sur soi-même et sur les choses avec le regard intérieur du cœur. Dieu ne manquera pas de nous donner la Lumière pour nous faire voir et la Chaleur pour faire sentir à notre cœur qu’il nous aime et qu’il désire être aimé.  

 

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Par Matthieu BOUCART - Publié dans : Benoit XVI - Communauté : Diverses croyances...
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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 22:41

Quand on fait des études de Lettres, on apprend la distance,

 

On goûte le nécessaire recul critique pour ajuster, pour peser, pour relire encore puis pour dire.

 

Délicat exercice auquel on n’a jamais fini de se frotter en disposant du large éventail des outils d’analyse critique : on sait alors la difficulté de poser un mot juste…

 

Et l’on peine à le poser.

 

Littéraire, je ne mets jamais ma foi de côté quand je lis, quand j’étudie, quand j’écris.

 

Et cela même quand j’étudie le programme d’agrégation « théâtre et violence », versant tellement dans cette violence, dans cette esthétique du choc qui n’est pas la mienne.

 

Pourtant, je vous l’avoue, j’ai du mal à crier avec les loups.

 

Question de caractère, question de formation ;

 

Question de choix, aussi, très certainement.

 

Les récents événements ont finalement peu parlé de théâtre contemporain ou d’art ;

 

Les récents événements ont surtout si peu parlé de foi…

 

Les récents événements ont vu des chrétiens qui se déchiraient, qui s’envoyaient à la tête des qualificatifs désobligeants, qui faisaient pleuvoir des insultes : 

Bisounours ! Fascistes !

- Et je reste polie – 

Il FALLAIT faire ceci, ne pas faire cela ;

penser ceci, penser cela ;

Être ici ou être là :

Choisis ton camp, camarade.

Je n’aime pas me rappeler que diable vient du grec diabolos qui veut dire le diviseur…

Mais j’aime constater que le cardinal André Vingt-Trois invite à une veillée de prière « ceux qui le veulent » sur la Passion du Christ ;

Mais j’aime lire le communiqué de mon évêque Mgr Gérard Daucourt qui invite à prier et à une réflexion artistique autour de la Parole de Dieu et de l’Art : c’est indispensable pour développer ce que Dom Jean Leclercq titrait « L’Amour des Lettres et le Désir de Dieu », un compagnonnage fécond entre l’art et la foi qui ont tant à se dire par le truchement du Beau !

Dans ces initiatives,

Ce que j’aime, surtout,

C’est que je ne me sens pas contrainte à une univocité idéologique ou artistique :

Je me sens invitée au contraire à mettre ma liberté toujours plus au service du Seigneur,

A L’aimer plus : en priant et en Le servant à travers mes frères.

Le 8 décembre, nous fêtons la fête de l’Immaculée Conception ;

Nous fêtons celle qui, sans aucun côté bisounours, a toujours été là,

Pleinement là :

Avec Dieu, avec le Christ.

Stabat Mater dolorosa


Iuxta crucem lacrimosa


dum pendebat Filius. […]

 

Fac ut ardeat cor meum


in amando Christum Deum,


ut sibi complaceam. […]

 

Iuxta crucem tecum stare,


et me tibi sociare


in planctu desidero.

Debout, la Mère, pleine de douleur,

Se tenait en larmes, près de la croix ,


Tandis que son Fils subissait son calvaire. […]

 

Fais que mon âme soit de feu


Dans l'amour du Seigneur mon Dieu :


Que je Lui plaise avec toi. […]

 

Je désire auprès de la croix


Me tenir, debout avec toi,


Dans ta plainte et ta souffrance.

Notre place est avec elle,

Que l’on soit ou non dans la cathédrale ce soir-là, peu importe. 

Il suffit d'être au bon endroit, 

Car c’est là qu’Il nous attend :

Au pied de la croix.

Zabou
Par Matthieu BOUCART - Publié dans : Questions d'actualité - Communauté : Diverses croyances...
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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 10:00

Par Matthieu BOUCART - Publié dans : Enseignements vidéos - Communauté : Communauté spirituelle
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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 09:57

Extrait de l’exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise, donnée par Benoît XVI le 30 septembre 2010, en la 6e année de son pontificat.

 

121. Au terme de ces réflexions par lesquelles j’ai voulu recueillir et approfondir la richesse de la XIIe Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques sur la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église, je désire encore une fois exhorter le Peuple de Dieu tout entier, les Pasteurs, les personnes consacrées et les laïcs à s’engager pour devenir toujours plus familiers des Écritures Saintes. Nous ne devons jamais oublier qu’à la base de toute spiritualité chrétienne authentique et vivante, se trouve la Parole de Dieu annoncée, écoutée, célébrée et méditée dans l’Église. Cette intensification de la relation avec la Parole divine se réalisera avec d’autant plus d’élan que nous serons davantage conscients de nous trouver, dans l’Écriture comme dans la Tradition vivante de l’Église, face à la Parole définitive de Dieu sur le monde et sur l’Histoire.

 

Comme nous le fait contempler le Prologue de l’Évangile de Jean, tout ce qui est se trouve sous le signe de la Parole. Le Verbe jaillit du Père et il vient demeurer parmi les siens et puis il retourne dans le sein du Père pour emporter avec lui toute la Création qui, en lui et par lui, a été créée. Aujourd’hui, l’Église vit sa mission dans l’attente anxieuse de la manifestation eschatologique de l’Époux : « L’Esprit et l’Épouse disent : ‘Viens!’ » (Ap 22, 17). Cette attente n’est jamais passive mais elle est une tension missionnaire dans l’annonce de la Parole de Dieu qui purifie et rachète tout homme : aujourd’hui encore Jésus ressuscité nous dit: « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la Création » (Mc 16, 15).

 

122. En conséquence, notre temps doit être toujours davantage le temps d’une nouvelle écoute de la Parole de Dieu et d’une Nouvelle Évangélisation. Redécouvrir le caractère central de la Parole divine dans la vie chrétienne nous fait retrouver aussi le sens le plus profond de ce que le Pape Jean-Paul II a rappelé avec force : continuer la missio ad gentes et entreprendre avec toutes les forces la Nouvelle Évangélisation, surtout dans les pays où l’Évangile a été oublié ou souffre de l’indifférence du plus grand nombre en raison d’un sécularisme diffus. Que l’Esprit Saint éveille chez les hommes la faim et la soif de la Parole de Dieu et suscite de zélés messagers et témoins de l’Évangile!

 

À l’exemple du grand Apôtre des Nations, qui fut transformé après avoir entendu la voix du Seigneur (cf. Ac 9, 1-30), écoutons nous aussi la Parole divine qui nous interpelle toujours personnellement, ici et maintenant. Les Actes des Apôtres nous racontent que l’Esprit Saint se réserva Paul et Barnabé en vue de la prédication et de la diffusion de la Bonne Nouvelle (cf. 13, 2). Ainsi, aujourd’hui, l’Esprit Saint ne cesse de susciter des auditeurs et des messagers convaincus et persuasifs de la Parole du Seigneur!

 

123. Plus nous saurons être disponibles à la Parole divine, plus nous pourrons constater que le Mystère de la Pentecôte est ‘en action’ aujourd’hui aussi dans l’Église de Dieu. L’Esprit du Seigneur continue de répandre ses dons sur l’Église afin que nous soyons conduits à la vérité tout entière, nous ouvrant le sens des Écritures et faisant de nous des messagers crédibles de la Parole du Salut. Nous revenons ainsi à la première Lettre de Saint Jean. À travers la Parole de Dieu, nous aussi, nous avons entendu, vu et touché le Verbe de vie. Nous avons écouté par grâce l’annonce que la vie éternelle s’est manifestée, afin que nous reconnaissions que nous sommes en communion les uns avec les autres, avec ceux qui nous ont précédés sous le signe de la foi et avec tous ceux qui, répandus à travers le monde, écoutent la Parole, célèbrent l’Eucharistie, vivent le témoignage de la charité. La communication de cette annonce – nous rappelle l’Apôtre Jean – est donnée pour que « nous ayons la plénitude de la joie » (1 Jn 1, 4).

L’Assemblée synodale nous a permis d’expérimenter ce qui est contenu dans le message johannique : l’annonce de la Parole crée la communion et apporte la joie. Il s’agit d’une joie profonde qui jaillit du cœur même de la vie trinitaire et qui se communique à nous dans le Fils. Il s’agit de la joie, comme don ineffable, que le monde ne peut donner. On peut organiser des fêtes, mais pas la joie. Selon l’Écriture, la joie est un fruit de l’Esprit Saint (cf. Ga 5, 22), qui nous permet de pénétrer dans la Parole et de faire en sorte que la Parole divine entre en nous en portant ses fruits pour la vie éternelle. En annonçant la Parole de Dieu dans la force de l’Esprit Saint, nous désirons communiquer aussi la source de la vraie joie, non une joie superficielle et éphémère mais celle qui jaillit de la conscience que seul le Seigneur Jésus a les paroles de la vie éternelle (cf. Jn 6, 68).

 

124. Cette relation intime entre la Parole de Dieu et la joie est manifestée avec évidence chez la Mère de Dieu. Rappelons les paroles de Sainte Élisabeth : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (Lc 1, 45). Marie est bienheureuse parce qu’elle a la foi, qu’elle a cru, et que dans cette foi, elle a accueilli dans son sein le Verbe de Dieu pour le donner au monde. La joie provenant de la Parole peut maintenant s’étendre à tous ceux qui, dans la foi, se laissent transformer par la Parole de Dieu. L’Évangile de Luc nous présente à travers deux textes ce Mystère d’écoute et de joie. Jésus affirme : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la Parole de Dieu, et qui la mettent en pratique » (8, 21). Et, face à l’exclamation d’une femme qui, au milieu de la foule, entend exalter le ventre qui l’a porté et le sein qui l’a allaité, Jésus révèle le secret de la vraie joie : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent! » (Lc 11, 28). Jésus indique la vraie grandeur de Marie, en ouvrant ainsi à chacun de nous la possibilité de cette béatitude qui naît de la Parole écoutée et mise en pratique. C’est pourquoi, à tous les Chrétiens, je rappelle que notre relation personnelle et communautaire avec Dieu dépend de l’accroissement de notre familiarité avec la Parole divine.

 

Enfin, je m’adresse à tous les hommes, également à ceux qui se sont éloignés de l’Église, qui ont abandonné la foi ou qui n’ont jamais entendu l’annonce du Salut. À chacun, le Seigneur dit : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (Ap 3, 20).

 

Que chacune de nos journées soit donc façonnée par la rencontre renouvelée du Christ, le Verbe du Père fait chair : il est à l’origine et à la fin et « tout subsiste en lui » (Col 1, 17). Faisons silence pour écouter la Parole du Seigneur et pour la méditer, afin que, par l’action efficace de l’Esprit Saint, elle continue à demeurer, à vivre et à nous parler tous les jours de notre vie. De cette façon, l’Église se renouvelle et rajeunit grâce à la Parole du Seigneur qui demeure éternellement (cf. 1 P 1, 25; Is 40, 8). Ainsi, nous pourrons nous aussi entrer dans le grand dialogue nuptial par lequel se clôt l’Écriture Sainte : « L’Esprit et l’Épouse disent: ‘Viens!’ […] Celui qui témoigne de tout cela déclare : ‘Oui, je viens sans tarder.’ – Amen! Viens, Seigneur Jésus! » (Ap 22, 17.20).  

 

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Par Matthieu BOUCART - Publié dans : Benoit XVI - Communauté : Diverses croyances...
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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 13:07

Extrait de l’exhortation apostolique post-synodale sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Eglise, donnée par Benoît XVI le 30 septembre 2010, en la 6e année de son pontificat.

 

117. Conscients que Dieu Père, Fils et Saint-Esprit entre en dialogue avec l’humanité, l’Église reconnaît comme une part essentielle de l’annonce de la Parole, la rencontre avec tous les hommes de bonne volonté. Aujourd’hui, l’Église, en évitant toute forme de syncrétisme et de relativisme, recherche le dialogue avec les personnes appartenant aux diverses traditions religieuses selon les lignes indiquées par la Déclaration du Concile Vatican II Nostra aetate, développée par le Magistère ultérieur des Souverains Pontifes.

 

[cf. Parmi les nombreuses interventions de diverses natures, on rappelle : Jean-Paul II, Lett. enc. Dominum et vivificantem (18 mai 1986): AAS 78 (1986), pp. 809-900; Id. Lett. enc. Redemptoris missio (7 décembre 1990): AAS 83 (1991), pp. 249-340; Id., Discours et Homélies à Assise à l’occasion de la Journée de prière pour la paix du 27 octobre 1986; La DC n. 1929, pp. 1065-1083 et en janvier 2002 en écho aux événements du 11 septembre 2001 : La DC n. 2255, pp. 837.839-840; Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Déclaration sur l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus Christ et de l’Église Dominus Iesus (6 août 2000): AAS 92 (2000), pp. 742-765.]

 

Le rapide processus de la mondialisation offre la possibilité de vivre dans un contact plus étroit avec des personnes de cultures et de religions diverses. Il s’agit d’une opportunité providentielle pour manifester comment un authentique sens religieux peut promouvoir entre les hommes des relations de fraternité universelle. Il est d’une grande importance que les religions puissent favoriser dans nos sociétés, souvent sécularisées, un regard qui voit en Dieu Tout-Puissant le fondement de tout bien, la source inépuisable de la vie morale, le soutien d’un sens profond de la fraternité universelle.

 

À titre d’exemple, dans la Tradition judéo-chrétienne, on rencontre l’attestation claire de l’amour de Dieu pour tous les peuples qu’il réunit, déjà dans l’Alliance étroite avec Noé, en une grande et unique étreinte symbolisée par l’« arc au milieu des nuages » (Gn 9, 13.14.16) et que, selon les paroles des prophètes, il entend rassembler en une unique famille universelle (cf. Is 2, 2ss; 42, 6; 66, 18-21; Jr 4, 2; Ps 47). De fait, des témoignages du lien intime existant entre le rapport avec Dieu et l’éthique de l’amour pour tout homme se retrouvent dans de nombreuses grandes traditions religieuses.

 

118. Parmi les différentes religions, l’Église regarde « aussi avec estime les Musulmans, qui adorent le Dieu un ». Ces derniers se réfèrent à Abraham et rendent un culte à Dieu surtout par la prière, l’aumône et le jeûne. Nous reconnaissons que dans la tradition de l’Islam sont présents de nombreuses figures, des symboles et des thèmes bibliques. Dans la continuité de l’œuvre importante du Vénérable Jean-Paul II, je souhaite que les rapports inspirés par la confiance, qui se sont instaurés depuis plusieurs années entre Chrétiens et Musulmans, se poursuivent et se développent dans un esprit de dialogue sincère et respectueux. Dans ce dialogue, le Synode a exprimé le souhait que puissent être approfondis le thème du respect de la vie en tant que valeur fondamentale, et celui des droits inaliénables de l’homme et de la femme et de leur égale dignité. En tenant compte de la problématique importante de la distinction entre l’ordre sociopolitique et l’ordre religieux, les religions doivent apporter leur contribution au bien commun. Le Synode demande aux Conférences épiscopales, là où cela apparaît opportun et profitable, de favoriser des rencontres pour que Chrétiens et Musulmans se connaissent mutuellement afin de promouvoir les valeurs dont la société a besoin pour une coexistence pacifique et positive.

 

119. En cette circonstance, je voudrais par ailleurs manifester le respect de l’Église pour les religions traditionnelles et les antiques traditions spirituelles des différents continents qui contiennent également des valeurs qui peuvent favoriser la compréhension entre les personnes et les peuples. Nous constatons fréquemment une syntonie avec des valeurs exprimées aussi dans leurs Livres religieux, comme par exemple le respect de la vie, la contemplation, le silence, la simplicité dans le Bouddhisme ; le sens de la sacralité, du sacrifice et du jeûne dans l’Hindouisme ; et encore les valeurs familiales et sociales dans le Confucianisme. Nous découvrons avec satisfaction aussi dans d’autres expériences religieuses, une attention sincère pour la transcendance de Dieu, reconnu comme Créateur, tout comme le respect de la vie, du mariage et de la famille et le sens fort de la solidarité.

 

120. Cependant, le dialogue ne serait pas fécond s’il n’incluait pas aussi un respect authentique envers chaque personne, afin qu’elle puisse adhérer librement à sa religion. Le Synode, alors qu’il encourage la collaboration entre les représentants des diverses religions, rappelle donc également la nécessité que soit assurée de manière effective à tous les croyants la liberté de professer leur propre religion en privé et en public, ainsi que la liberté de conscience : en effet, le respect et le dialogue requièrent la réciprocité dans tous les domaines, surtout en ce qui concerne les libertés fondamentales et plus particulièrement la liberté religieuse. Ils favorisent la paix et l’entente entre les peuples.

 

 

 

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Par Matthieu BOUCART - Publié dans : Benoit XVI - Communauté : Les Gens du Livre
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A découvrir


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Notre série d'articles en réponse à Miky :

 

1- Existe-t-il des preuves de l'existence de Dieu?

2- Les limites de la démarche scientifique

3-  La foi chrétienne : une expérience personnelle ancrée dans une Histoire 

4-  Annexe 1 : Dieu existe-t-il?

5-  Annexe 2 : Est-il raisonnable de croire en Dieu?

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9-  Annexe 6 : Peut-on croire en la Résurrection du Christ?

10-  Annexe 7 : Débat sur le "dessein intelligent" et l'existence de Dieu avec Miky et le Pasteur Eric George  


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Notre série d'articles en réponse à Christophe Moreau :

 

1- Introduction

2- Sur l'existence de Dieu

3-  Sur la vérité du monothéisme 

4-  Sur la vérité du christianisme

5-  Sur la vérité du catholicisme (1)

6-  Sur la vérité du catholicisme (2)

7-  Sur la vérité du catholicisme (3)

8-  Sur la vérité du catholicisme (4)

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Le mystère du mal


1- La réponse de Dieu au problème du mal

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La Sola Scriptura en débat
 


Notre disputatio avec le Pasteur Eric George : 

1- La Sola Scriptura est-elle bibliquement fondée?

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Notre série d'articles en réponse au Père Raniero Cantalamessa :

 

1- La Bible... ou les astres?

2- Canon 1399 § 5 

3- Les révélations privées... au service de la Révélation divine

4- Marie, la femme de l'Evangile

5- Annexe 1 : Cantalamessa à Medjugorje

6- Annexe 2 : 600 prêtres à Medjugorje!

5- Annexe 3 : Medjugorje et ses détracteurs

6- Annexe 4 : Pourquoi je crois en Medjugorje

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