Extrait du discours prononcé par le Pape Benoît
XVI aux évêques des Etats-Unis lors de la célébration des Vêpres au Sanctuaire de l’Immaculée Conception à Washington DC, le 16 avril 2008.
Vénérés frères dans l'épiscopat,
Ma joie est grande en vous saluant aujourd'hui, au début de ma visite dans ce pays, et je remercie le cardinal George des aimables paroles qu'il m'a adressées en votre nom (…). Les catholiques
d'Amérique sont connus pour leur réelle dévotion à l'égard du Siège de Pierre. Ma visite pastorale ici est une occasion pour renforcer davantage les liens de communion qui nous unissent (…).
Aujourd'hui, la communauté catholique que vous servez est l'une des plus vastes du monde et l'une des plus influentes (…).
Un grand nombre des personnes auprès desquelles John Carroll [« premier évêque de Baltimore et digne pasteur de la communauté catholique dans votre
nation qui était devenue depuis peu indépendante »] et ses confrères évêques exercèrent leur ministère il y a deux siècles venaient de terres lointaines. La diversité de leur provenance
se reflète dans la riche variété de la vie ecclésiale de l'Amérique d'aujourd'hui. Chers frères évêques, je
désire vous encourager, ainsi que vos communautés, à continuer à accueillir les immigrants qui s'unissent à vous aujourd'hui, à partager leurs joies et leurs espérances, à les soutenir dans leurs
souffrances et leurs épreuves, et à les aider à prospérer dans leur nouvelle maison. C'est d'autre part ce que firent vos concitoyens pendant des générations. Dès les
débuts, ils ont ouvert leurs portes à ceux qui étaient las, aux pauvres, aux "masses qui se pressaient à la recherche d'un souffle dans la liberté"
(cf. Sonnet gravé sur la statue de la liberté). Telles étaient les personnes que l'Amérique a faites siennes.
Parmi ceux qui vinrent ici pour se construire une nouvelle vie, beaucoup furent capables de faire bon usage des ressources et des opportunités qu'ils y trouvèrent, et d'atteindre un haut niveau
de prospérité. En vérité, les citoyens de ce pays sont connus pour leur grande vitalité et créativité. Ils
sont également connus pour leur générosité. Après
l'attaque des tours jumelles, en septembre 2001, et également après l'ouragan Katrina en 2005, les Américains ont montré leur rapidité à venir en aide à leurs frères et sœurs qui étaient dans le
besoin. Au niveau international, la contribution offerte par le peuple d'Amérique aux opérations de secours et de sauvetage après le tsunami de décembre 2004 est une démonstration supplémentaire
de cette compassion. Permettez-moi d'exprimer mon appréciation particulière pour les innombrables formes d'assistance humanitaire offertes par les catholiques américains à travers les Caritas
catholiques et les autres agences. Leur générosité a porté des fruits dans l'attention aux pauvres et aux indigents, ainsi que dans l'énergie manifestée dans la construction du réseau national de
paroisses catholiques, d'hôpitaux, d'écoles et d'universités. Tout cela offre de solides raisons pour rendre grâce.
L'Amérique est également une terre de grande foi. Votre peuple est bien connu pour sa ferveur religieuse et il est fier d'appartenir à une communauté de prière. Il a confiance en Dieu et il
n'hésite pas à introduire dans les discours publics des raisons morales enracinées dans la foi biblique. Le respect pour la liberté de religion est profondément
enraciné dans la conscience américaine ; c'est un fait qui a contribué à ce que ce pays attire des générations d'immigrants à la recherche d'une maison où pouvoir librement rendre
leur culte à Dieu selon leurs propres convictions religieuses.
(…) C'est sur ce sol fertile, nourri par tant de sources différentes, que vous, vénérés frères dans l'épiscopat, êtes appelés aujourd'hui à répandre la semence de l'Evangile. Cela m'amène à me
demander comment, au XXIe siècle, un évêque peut répondre au mieux à l'appel à "faire chaque chose nouvelle en Jésus Christ, notre espérance"?
Comment peut-il conduire son peuple à la rencontre avec le Dieu vivant?, source de cette espérance qui transforme la vie dont parle l'Evangile? Peut-être a-t-il tout d'abord besoin d'abattre
certaines barrières qui empêchent cette rencontre. Même s'il est vrai que ce pays est
marqué par un authentique esprit religieux, l'influence subtile du sécularisme peut toutefois marquer la façon dont les personnes permettent que la
foi influence leurs propres comportements. Est-il cohérent de professer notre foi à l'église le dimanche et ensuite, au cours de la semaine, de promouvoir des affaires
ou des procédures médicales contraires à cette foi? Est-il cohérent pour les catholiques pratiquants d'ignorer ou d'exploiter les pauvres et les exclus ; de promouvoir des comportements
sexuels contraires à l'enseignement moral catholique, ou d'adopter des positions qui contredisent le droit à la vie de chaque être humain de sa conception jusqu'à sa mort naturelle? Il
faut résister à toute tendance à considérer la religion comme un fait privé. Ce n'est que lorsque la foi imprègne chaque aspect de leur vie que les chrétiens deviennent vraiment ouverts à la
puissance transformatrice de l'Evangile.
Dans une société riche, un obstacle supplémentaire à une rencontre avec le Dieu vivant se trouve dans l'influence subtile du matérialisme, qui peut
malheureusement très facilement concentrer l'attention sur le "centuple" promis par Dieu en cette vie, au détriment de la vie éternelle qu'il promet pour le temps à venir (Mc 10, 30).
Il est aujourd'hui nécessaire de rappeler aux personnes le but ultime de l'existence. Elles ont besoin de reconnaître qu'elles ont en elles une
profonde soif de Dieu. Elles ont besoin d'avoir l'opportunité de puiser à la source de son amour infini. Il est facile d'être subjugués par les possibilités presque illimitées que la science et
la technique nous offrent ; il est facile de faire l'erreur de penser pouvoir obtenir par nos propres efforts la satisfaction des besoins les plus profonds. Il s'agit d'une illusion. Sans Dieu,
qui nous donne ce que nous ne pouvons pas atteindre seuls, nos vies sont en définitive vides. Les personnes ont sans cesse besoin d'être appelées à
cultiver une relation avec lui, qui est venu afin que nous ayons la vie en abondance (cf. Jn 10, 10). Le but de chacune de nos activités pastorales et catéchétiques, l'objet de notre prédication,
le centre même de notre ministère sacramentel doit être celui d'aider les personnes à établir et à nourrir une telle relation vitale avec "le Christ
Jésus, notre espérance" (1 Tm 1, 1).
Dans une société qui accorde beaucoup de valeur à la liberté personnelle et à l'autonomie, il est facile de perdre de vue notre dépendance des autres, ainsi que les responsabilités que nous avons
à leur égard. Cette accentuation de l'individualisme a même influencé l'Eglise, donnant origine à une forme de piété qui souligne parfois notre relation privée avec Dieu au détriment de
l'appel à être les membres d'une communauté rachetée. Et pourtant, dès le début, Dieu vit qu'"il n'est pas bon que l'homme soit seul" (Gn 2, 18).
Nous avons été créés comme des êtres sociaux qui ne trouvent leur accomplissement que dans l'amour envers Dieu et envers leur prochain. Si nous voulons
vraiment garder le regard fixé sur lui, source de notre joie, nous devons le faire comme des membres du Peuple de Dieu. Si cela semblait aller à l'encontre de la culture actuelle, cela ne serait
qu'une preuve supplémentaire de l'urgente nécessité d'une évangélisation renouvelée de la culture.
Lire le texte intégral du discours du
Pape Benoît XVI
Est-il cohérent que le Vatican vive dans le faste qu'il étale au yeux du monde entier, lui qui prêche la "pauvreté évangélique" aux autres ? Ah, les Monsignori dans leurs puissantes voitures avec chauffeur, trop beau !
Quand le Vatican publiera-t-il ses comptes, procédure qu'on exige de la quasi totalité des institutions "sécularisées" ? Est-il cohérent qu'on vilipende le Président de la République et qu'on ne demande pas de comptes au Pape ?
A ce sujet, je me pose une question : Benoît XVI utilise-t-il la superbe piscine que Jean-Paul II s'est fait construire dès son arrivée au Vatican et avant toute autre décision (on a quand même le droit de se baigner, comme tout le monde (!), quand on ne peut pas aller se reposer dans son 2 pièces-cuisine de Castelgandolfo) ?
Est-il cohérent que l'Eglise ait soutenu pendant des siècles et des siècles (et encore maintenant dans trop de pays) les gouvernants de pays oprsseurs de leur population et des patrons exploiteurs de leurs ouvriers et de leurs domestiques en prêchant au petit peuple l'acquisition du Paradis par la soumission à ses dirigeants et à ses maîtres, qui pour la plupart étaient des pratiquants assidus mais aussi de "généreux donateurs" ?
Le Pape peut-il jurer qu'aucune paroisse et aucun couvent au monde n'a agi de façon "peu claire" en matière d'héritage de paroissien(ne)s, de prêtres ou de religieux décédé(e)s et ne vit de "débrouille" au jour le jour : travailleurs (et surtout travailleuses) qu'on "oublie" de déclarer depuis des années (souvent réputés "bénévoles"), centaines de photocopies faites de-ci, de-là, fournitures de bureau et divers équipements tombant du ciel, etc... Chacun peut rajouter quelque chose à cette liste d'illégalités (qui vole un oeuf vole un boeuf !). Est-ce "cohérent" ? Mais si le Pape jure qu'il n'y en a pas je le croirai !
Dans mon village, l'église est "à l'envers" (tournée vers l'ouest au lieu de l'est) parce que le richissime mécène qui l'a en grande partie financée voulait que le portail soit en face de sa maison pour pouvoir aller à la messe sans en faire le tour et que tout le monde voie la demeure du bienfaiteur... Anecdote rigolote, mais qui montre la soumission aux riches, même sur des problèmes aussi secondaires. Il faut bien vivre avec son siècle, mais était-ce "cohérent" ?
Venons-en aux "histoires d'alcôve", particulièrement visées (et prisées) par le Pape :
- est-il 'cohérent" de refuser la communion aux divorcés-remariés mais pas aux prêtres défroqués mariés (les deux on pourtant "trahi" un sacrement de "choix de vie", aussi important l'un que l'autre) ?
- est-il cohérent d'annuler le mariage de personnes ostensiblement "catholiques", ostensiblement "riches", ostensiblement "non sécularistes" et vivant sur un Rocher (sous Jean-Paul II) ou étant Comte de la Capitale de la Fille Aînée de l'Eglise (sous Benoit XVI, semble-t-il)... pendant que des milliers de cathos de base et de misère attendent en vain ?
- est-il cohérent d'avoir laissé impunis des milliers d'actes de pédophilie (souvent d'une évidence criante) de clercs, hommes et femmes, de tout poil, en les cachant soigneusement (ils restaient des "faits privés" comme dirait Benoît XVI...) tant que la pression de la part des milieux "sécularisés" n'a pas été totalement insoutenable ? Combien y a-t-il eu de Cohn-Bendit dans l'Eglise, Monsieur le Pape ?
Ceci étant dit, j'apprécie beaucoup le reste de votre intervention
Cela dit, mon propos final était de faire "un mot" et non d'assimiler Cohn-Bendit au tueur sadique Dutroux.
Cohn-Bendit s'est laissé aller avec des enfants à une époque où certains hommes politiques (et autres) faisaient encore l'apologie de l'initiation sexuelle des enfants. Et Bayrou a perdu une (nouvelle) occasion de se taire.
"- Tiendriez-vous ce même langage, Séculariste subtil, si Cohn Bendit avait été prêtre??
- Bien sûr !"
Et bien, donc, voilà, vous venez d'absoudre tout prêtre pédophile, donc d'annuler vos propos ç ce sujet.
Déjà, ça, c'est fait. :-D
Je vois que les mythes ont la vie dure.
Vous avez oublié les gros et gras curés aux nombreuses maîtresses, l'insuisteur maigre et décharné aux yeux fiévreux, et le gros pape mou gentil mais manipulé par un ordre secret de fanatiques hauts placés.
S'agit-il d'un concours pour le "scénario" du prochain Dan Brown, ou d'un abus de BD de Convard ? :-D
> "est-il cohérent d'annuler le mariage de personnes ostensiblement "catholiques", ostensiblement "riches", ... pendant que des milliers de cathos de base et de misère attendent en vain ?"
Là, c'est triste : on sent exprimée une sorte d'espérance dans l'annulation... Comme quelqu'un attendant avec un espoir malsain la mort de sa vieille tante pour en hériter.
ben c'est triste.
Mais, de toute façon, il ne s'agit jamais à proprement parler d'une "annulation", mais plutôt d'une reconnaissance de nullité. Si un mariage n'est pas nul, il n'est pas nul, et ne le sera jamais.
> "est-il cohérent d'avoir laissé impunis des milliers d'actes de pédophilie (souvent d'une évidence criante)"
Qu'il s'agisse de prêtres, d'instituteurs, d'oncles, de gentils voisins, la particularité des actes pédophiles est justement de n'être PAS d'une "évidence criante". C'est d'ailleurs tout le problème, il me semble.
(en général, "ils" ne font pas ça au vu est au su de tous, sur la place publique un samedi après-midi...)
(et attention au soutien de miky : dès qu'il s'agit de dénigrer "la religion", il perd de toute façon tout sens critique... :-)
(ho, hé, ça va, on peut bien se faire plaisir, un peu...)
combien de grands défenseurs des Droits de l'Homme, beaux discours et beaux principes, et qui dans la "vraie vie" n'en mettent aucun en pratique,
combien de politiques tout prêts à prêcher l'ouverture aux autres cultures et, dans leurs discours, tout coulants d'amour et d'amitié pour les populations de banlieue, mais qui s'empressent de vivre entre gens bien mis dans des banlieues de luxe sans jamais côtoyer les "vrais gens" ?
...et pour autant, dois-je immédiatement en conclure que les droits de l'Homme et le respect humain sont de la blague et juste bons à jeter ?
(quant à vouloir dépeindre le pape comme un potentat richissime vivant dans le luxe et l'oisivieté confortable, aux dépends de ses pauvres fidèles exploités par des armées de curés pervers, frustrés et pédophiles, j'insiste : à part dans les bouquins de Brown ou les BD de Convard, je ne vois pas... :-D
(ah, si, dans Onfray aussi, peut-être... une bibliothèque bien fournie, dites moi... :-)
Pour soutenir ti'hamo, je vous conseillerais de vous informer autre part qu'en lisant Onfray et Dan Brown, par exemple en allant sur le site de Zenit.org, ou sur La-Croix.com Vous aurez ainsi une vision plus équilibrée...
On peut critiquer les comportements et idées des chrétiens, mais il est préférable d'être intellectuellement honnêtes, plutôt que de répéter sans réfléchir des rumeurs et autres mythes. Bonne journée quand même !