A Jésus par Marie - Un site catholique pour apprendre à connaître et aimer Dieu de tout son coeur et de toute son intelligence.
Chers amis lecteurs,
Tandis que l’année 2007 vit ses dernières heures, voici que l’année 2008 se profile à l’horizon, avec ses promesses et ses espoirs, comme une page blanche sur laquelle un nouveau chapitre de l’histoire de notre vie va s’écrire.
Chacun pressent bien en ce moment que les compteurs vont être comme remis à zéro ; que tout redevient possible pour tous ; que tout peut recommencer, comme une nouvelle naissance… ; qu’il n’y a donc pas en définitive de fatalité et que nous demeurons libres de construire notre vie et de l’orienter différemment que par le passé (c’est un peu du reste le sens des bonnes résolutions que nous prenons habituellement à pareille époque de l’année). Ou comme disait le poète espagnol Antonio Machado (1875-1939) : « Marcheurs, il n'y a pas de chemin ; le chemin se fait en marchant »...
En ce réveillon du 31 décembre, tous les habitants de cette terre vont donc se souhaiter une « bonne » année ; une année pleine de bonheur, de santé, de prospérité, de joie familiale, d’amour… Et toute l’équipe du Blog Totus Tuus (c’est-à-dire… moi-même !) s’associera naturellement à ces vœux de bonheur et de paix.
Pour l’heure, je voudrais vous partager mon étonnement, renouvelé chaque année, de voir les hommes ainsi célébrer dans la liesse et… aussi bruyamment le passage d’une année à l’autre. Outre l’ivresse de liberté qui découle certainement du sentiment dont je parlais plus haut de pouvoir prendre un nouveau départ après des années de « galère », j’y vois comme le signe tangible que l’homme, malgré l’expérience accumulée au cours de sa vie, les nombreuses désillusions rencontrées, les épreuves traversées, les souffrances endurées, demeure inébranlablement et fondamentalement un être d’espérance. Comme une certitude diffuse au fond de son cœur qu’il est fait pour le bonheur, et que l’Histoire de ce monde, son histoire personnelle, l’y conduit inexorablement. Et que si ça n’est pas pour aujourd’hui, eh bien, ça sera pour demain !
Dans sa dernière encyclique, Spe Salvi, le Pape Benoît XVI nous invite à réfléchir sur cette indéracinable Espérance qui habite le cœur de tout homme ; cette Espérance que nous avons tous, non seulement de vivre et de vivre longtemps, mais de vivre bien, heureux et en paix sur cette terre, ce que nous pouvons appeler la vie en plénitude, ou la vraie vie. Au fond, à y bien regarder, c’est la seule chose que nous désirons vraiment. Ce vers quoi nous voulons tous bien « marcher », pour reprendre l’expression d’Antonio Machado. Et c’est ce que nous nous souhaiterons bien volontiers les uns les autres, en cette nuit du réveillon de la Saint Sylvestre.
« Mais ensuite (…), nous dit le Pape, en regardant mieux, [nous devons reconnaître que] nous ne savons pas de fait ce qu'en définitive nous désirons, ce que nous voudrions précisément. Nous ne connaissons pas du tout cette réalité ; même durant les moments où nous pensons pouvoir la toucher, nous ne la rejoignons pas vraiment (…). » (Benoît XVI, Spe Salvi, n° 11). Nous disons tous OUI à la vie en plénitude, à la vraie vie. Et nous nous la souhaitons les uns pour les autres. Mais nous avons du mal à lui donner un contenu précis. Nous savons assurément ce qu’elle n’est pas. Mais ce qu’elle est véritablement, voilà qui ne nous apparaît pas clairement…
« Toutefois, poursuit le Pape, dans notre non-savoir, nous savons que cette réalité doit exister. Il y a donc en nous, pour ainsi dire, une « savante ignorance » (Saint Augustin). Nous ne savons pas ce que nous voudrions vraiment ; nous ne connaissons pas cette « vraie vie » ; et cependant, nous savons qu'il doit exister un quelque chose que nous ne connaissons pas et vers lequel nous nous sentons poussés. » (Benoît XVI, Spe Salvi, n° 11)
Comme cela est manifeste, en ce réveillon du 31 décembre ! Nous désirons pour nous et pour chacun le bonheur, une vie belle et remplie. Et cependant… nous ne savons pas ce que nous demandons. Nous n’avons de cette vie rêvée et idéale, de ces « plein de bonnes choses » que nous nous souhaitons chaque année, entre paillettes et cotillons, avec force foie gras et champagne, aucune expérience véritable. Les années passent, et nous devons bien constater que les années écoulées n’ont pas correspondu à ce que nous en avions attendu à leur tout début ; que la plénitude de bonheur et de joie espérée n'a pas été, malgré quelques moments d’exception, au rendez-vous... « Nous désirons en quelque sorte la vie elle-même, la vraie vie (…), mais, en même temps, nous ne connaissons pas ce vers quoi nous nous sentons poussés. Nous ne pouvons pas cesser de nous diriger vers cela et cependant nous savons que tout ce que nous pouvons expérimenter ou réaliser n'est pas ce à quoi nous aspirons. » (Benoît XVI, Spe Salvi, n° 12)
Eh bien, nous dit le Pape, « cette « chose » inconnue est la véritable « espérance » qui nous pousse et le fait qu'elle soit ignorée est, en même temps, la cause de toutes les désespérances comme aussi de tous les élans positifs ou destructeurs vers le monde authentique et vers l'homme authentique. » (Benoît XVI, Spe Salvi, n° 12)
L’universalité de ce désir de plénitude – de cette Espérance – qui habite le cœur de l’homme sous toutes les latitudes et longitudes nous révèle, me semble-t-il, deux vérités fondamentales sur l’homme. 1°) que nous sommes tous faits pour le bonheur, puisque nous y tendons comme la limaille de fer vers l’aimant (nous aussi, en un sens, tendons vers l’Aimant !) ; et… en même temps 2°) que ce bonheur pour lequel nous sommes faits nous renvoie à une expérience de vie qui ne se situe pas sur cette terre, mais dans un au-delà de notre propre existence ici-bas. Comme un indice finalement que cette terre n'est pas la patrie définitive. C’est du reste ce que disait la Vierge Marie à la petite Bernadette, à Lourdes : « Je ne vous promets pas d’être heureuse dans ce monde, mais dans l’autre »…
Ce bonheur auquel nous aspirons serait donc « quelque chose comme le moment rempli de satisfaction, dans lequel la totalité nous embrasse et dans lequel nous embrassons la totalité. Il s'agirait du moment de l'immersion dans l'océan de l'amour infini, dans lequel le temps – l'avant et l'après – n'existe plus. Nous pouvons seulement chercher à penser que ce moment est la vie au sens plénier, une immersion toujours nouvelle dans l'immensité de l'être, tandis que nous sommes simplement comblés de joie. Nous devons penser dans ce sens si nous voulons comprendre ce vers quoi tend l'espérance [des hommes]. » (Benoît XVI, Spe Salvi, n° 12)